Le Crac des Chevaliers à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine

Publié le 23 février 2019 dans Événements

 

Ceux qui me suivent savent que j’aime me « promener » à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine !

Cela fait un moment que j’avais envie de voir l’exposition « Le Crac des chevaliers » parce que l’affiche me plaisait… et que ce « crac » m’interrogeait. C’est donc en curieuse que je suis allée découvrir cette petite exposition que l’on découvre tout au bout du rez de chaussée, après avoir déambulé entre les moulages des plus belles pièces d’architecture classique !

Le Crac des chevalier est en fait une forteresse située en Syrie actuelle, au riche passé (construite et agrandie du XII ème au XIV ème siècles par les Francs aux temps des croisades puis par les Ottomans) abandonnée, puis redécouverte à la fin du XIXème et au début du XXème siècle par des archéologues aventureux.

On imagine leur joie de découvrir une telle oeuvre architecturale, alors quasi à l’abandon, seulement habitée par quelques villageois, en haut d’une colline et au coeur d’un paysage aride. J’aime à imaginer cela, car lorsque j’étais encore très jeune, je rêvais d’explorer les temples d’Angkor perdus sous la végétation !

Ces quelques clichés ont été réalisés dans les années 30, lors de l’exploration de Paul Deschamps. Il décrivit alors de manière détaillée la forteresse, pris des photos, des notes, des moulages de sculptures et de chapiteaux et fit des plans très détaillés et si précis qu’ils se révélèrent par la suite fort exacts.

 

Paul Deschamps réalise alors un véritable travail de fourmis ; On voit sur cette photo prise par ses soins, les soldats des troupes spéciales du levant affectés au déblaiement du Crac des chevaliers  (1929) :

 

 

On se trouve à une période où l’archéologie connait un véritable essor et en 1931, l’exposition coloniale internationale contribue à faire du Crac le « témoin le plus majestueux de l’art français en Orient », un édifice emblématique qui témoigne de la « Grande France » coloniale !

 

En 1933, la France rachète la forteresse pour permette sa sauvegarde et conserver la mémoire des croisades, ce qui permet de continuer le chantier de restauration. Cependant, en 1949, le château reviendra propriété de la Syrie nouvellement indépendante. Celle-ci continuera les travaux afin d’ouvrir ce site aux touristes. Ce sera l’un des grands sites touristiques du pays.

Billet de banque syrien avec le Crac au centre.

 

En 2006, le site fut inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, puis en 2013, sur la liste du patrimoine en péril.

En  effet, en 2013 et 2014, de violents combats eurent lieu dans cette zone, détériorant le château. La restauration de ce site est un défi pour la Syrie ravagée par plus de 7 ans de guerre….

Ci-dessous, une image tirée du film montrant les outils développés par une Start up française pour photographier / filmer le bâtiment sous toutes les coutures, afin d’en réaliser un film 3D qui permet une immersion totale, une technologie novatrice de l’archéologie actuelle.

 

Espérons que la nouvelle restauration de cet imposant bâtiment au passé tumultueux pourra avoir lieu, mais qu’il ne sera pas transformer en « parc d’attraction » pour touristes….

Le crac des chevaliers, une exposition à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine, visible jusqu’au 4 mars 2019.