La peinture ou l’envers du décor !

Publié le 11 mars 2019 dans Produits & Matériaux

Un client m’a demandé récemment pourquoi les peintures étaient moins « solides », moins résistantes qu’avant ?

Avant, c’est-à-dire, il y a 20, 30 ans… Il est vrai qu’à l’époque, on utilisait des peintures glycérophtaliques qui étaient plus résistantes, car elles étaient composées en grande partie d’ingrédients issus du pétrole.

Aujourd’hui, la plupart des peintures se nettoient à l’eau : on les appelle des peintures acryliques. Il y a beaucoup moins de pétrole dans leur composition, mais ce n’est pas si simple !

En fait, savoir de quoi sont composées les peintures que nous appliquons sur nos murs est loin d’être évident. L’incidence sur la santé de ceux qui l’appliquent ou de ceux qui vivent dans un lieu fraîchement repeint est, au bout du compte, trop peu connue.

Peinture achetée dans une grande surface, d’une marque professionnelle, biologique… Comment s’y retrouver ? Quelles sont les différences ? Comment les appliquer ?

LA COMPOSITION DES PEINTURES

De nombreux ingrédients rentrent dans la composition d’une peinture.

On trouve :

1 – Une résine – qui est le corps de base de la peinture. Elle contient des produits chimiques (dérivés sur pétrole), les COV (Composés Organiques Volatils) qui ont un impact négatif sur la santé.

Or, l’emballage des peintures et des vernis prêts à l’emploi doivent faire apparaître certaines informations comme :

  • la catégorie à laquelle les produits appartiennent,
  • la teneur maximale en COV autorisée,
  • leur taux en COV.

À noter que, selon une étude récente, 43% des Français n’ont jamais entendu parlé des COV !

2 – Un solvant.

3 – Des adjuvants : ajoutés à la peinture, ils peuvent influer sur la vitesse de séchage… Cela peut être également un anti-rouille, un anti-mousse…

4 – Une charge : c’est un agent épaississant qui a un impact sur l’opacité, la matité…

5 – Des pigments : qu’ils soient d’origine naturelle (minérale ou organique) ou de synthèse, ils entrent finalement en très petite quantité dans la composition d’un pot de peinture !

Pour choisir sa peinture, on l’aura compris, on préférera une peinture qui aura le moins de CO. C’est le cas de la plupart des peintures haut de gamme ou biologiques, mais ce n’est pas le seul critère pour choisir sa peinture.

Le nombre de pigments aura également son importance (c’est malheureusement rarement indiqué sur les pots !) car, plus il y aura de pigments différents dans la composition d’une peinture, plus les couleurs seront subtiles, délicates. Certaines marques haut de gamme précisent le nombre de pigments : c’est une bonne indication de qualité.

LES COULEURS

On l’a vu, les pigments donnent la couleur à la peinture. D’origine variée, en plus ou moins grande quantité, ils modifient les nuances…

On peut choisir les couleurs de ses peintures dans le nuancier de la gamme Chromatic qui fait référence pour toutes les marques professionnelles (comme Guittet ou Sikkens)…

Ou encore choisir dans les nuanciers spécifiques des nombreuses marques de peintures.

On peut, par exemple, avoir envie de coordonner peinture, interrupteurs et moquette ! C’est possible grâce à la gamme des couleurs qui ont été créées par le célèbre architecte Le Corbusier.

Certaines marques proposent des échantillons en format A5 ou A4 qui permettent de mieux visualiser les couleurs.

Le mieux, à mon sens, est d’acheter un pot testeur, ou encore un pot de 1 litre, pour faire des essais sur le chantier. Ainsi, on peut voir comment réagit la couleur en fonction de la lumière du lieu.

Des essais de couleur sur l’un de mes chantiers…

Le résultat final…

Une autre solution, que j’utilise régulièrement, est de faire ses propres couleurs sur le chantier, avec le peintre. On utilise des colorants que l’on dose en très petite quantité pour arriver à LA bonne couleur.

Pour les peintures sur métaux, on se basera sur la gamme universelle RAL.

Gamme RAL pour les peintures sur métaux.

L’APPLICATION

Évidemment, la qualité d’une peinture dépend de la qualité de la formulation, des pigments utilisés, mais il faut aussi tenir compte de son utilisation, des supports, de la finition souhaitée… et de la préparation !

Ne l’oublions pas… dans tous les cas, les préparations et l’application sont cruciales !

Il est souhaitable d’utiliser les bons outils adaptés à chaque cas (rouleau polyamide texturé, microfilm, spalter…).

Il est aussi préférable d’utiliser la même marque pour la sous-couche (couche d’impression) que pour la peinture de finition. Par exemple, si vous optez pour une peinture biologique… Passez-la sur une sous-couche biologique de la même marque ! Les peintures seront compatibles et donneront un bien meilleur résultat.

Mais attention, les peintures pour les extérieurs, les sols ou les métaux devront être plus résistantes et elles contiendront plus de COV. C’est malheureusement inévitable !

LES FINITIONS

Une peinture brillante sera plus facile d’entretien… et plus solide, notamment car elle devra être passée sur une préparation très soignée ; plusieurs passes d’enduit seront nécessaires, avec ponçage entre chaque passe.

De nos jours, on utilise de plus en plus les peintures finition velours, un intermédiaire entre une peinture mat et une peinture satinée. Plus facile d’entretien qu’une peinture mat, mais moins brillante qu’une peinture satinée…

En fonction de la pièce dans laquelle on va intervenir, on choisira la finition adaptée ; par exemple, une peinture satinée sera utilisée dans les pièces humides, une peinture velours sur les murs d’un salon.

Une peinture mate sera plus élégante, mais évitons les lieux de passage… ou les doigts de nos chers bambins !

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