A la découverte de la villa Ker Magdalen…

Publié le 3 août 2020 dans J'aime

J’ai séjourné dernièrement dans la jolie station balnéaire de Benodet, j’ai pu y admirer la magnifique villa Ker Magdalen, également appelée Le Minaret. Grande, lumineuse, toute de blanc vêtue, elle resplendit au soleil. On ne peut manquer de s’interroger sur cette architecture 1930 qui détonne dans le paysage des classiques maisons de villégiature de la côte.

La villa vue de la rivière l’Odet

 

Or, son histoire mérite le détour… La voici !

Maurice Heitz-Boyer, un urologue – chirurgien la fit construire entre 1926 et 1928.

Le maréchal Lyautey envoya le docteur Heitz-Boyer près du pacha de Marrakech, el Glaoui, pour le guérir d’une tuberculose du rein. La mission était une vraie affaire d’État car le pacha de Marrakech alors allié aux français était un rempart contre les révoltes des tribus berbères !

Quelle relation avec notre belle villa, me demanderez-vous ?

Pour remercier le médecin qui séjourna longtemps près de son malade et le guérit, le pacha lui offrit une propriété près de Marrakech et lui envoya une équipe de mosaïstes pour la villa qu’il faisait construire sur la côte bretonne !

Le docteur Boyer fit appel au grand architecte Albert Laprade pour concevoir la villa et son jardin. Il nommera la villa du nom de son épouse Madeleine.

La carrière d’Albert Laprade (1883-1978) a justement commencé au Maroc : en 1915, il est attaché à la résidence générale de France au Maroc, où il est l’adjoint de Henri Prost, l’urbaniste du maréchal Lyautey, qui a entre autres participé à la reconstruction de Casablanca.

En 1920, il rentre en France et crée sa propre agence. On lui doit notamment le garage Citroën de la rue Marbeuf (1929),  le Palais de la Porte Dorée (1931), la Maison du Maroc à la Cité Internationale Universitaire de Paris (1953), la Préfecture de Paris, bd Morland (1956)…

 

La villa Ker Magdalen

 

La villa Ker Magdalen

Son expérience au Maroc marquera Albert Laprade ; dans le projet de la villa, il utilisera les influences arabes, tout en se ralliant au mouvement moderniste (utilisation du béton armé, toits-terrasses, silhouette de paquebot, fenêtres en ressaut…). Plusieurs espaces intérieurs sont d’inspiration marocaine ; la « Chambre du Pacha », le hammam, le jardin décorés de mosaïques…

Après quelques années, le médecin fit rehausser la tour afin d’obtenir une vue imprenable sur la côte.

Lorsque la villa fut vendue en 1954, elle fut transformée en hôtel-restaurant et prit alors le nom de « Le Minaret ».

Le restaurant subsiste, mais la villa et le jardin sont maintenant privés. Impossible de les voir de près !

Voici quelques photos de détails, prises par ma fille Anna ;